Pour réveiller le blog après six longs mois de repos, rien de tel qu’un billet hastagué FOOD.
Et plus précisément, c’est de street-food dont nous allons parler aujourd’hui. Plus qu’un simple carnet d’adresses des food-trucks « à tester absolument et dans l’immédiat », il s’agit surtout de faire le point sur cette tendance culinaire pas si émergente mais qui vient redonner un bon coup de jeune à notre déjeuner.

Ce que soulève la street-food, c’est la fin d’une nourriture mondialisée et standardisée, sans goût, sans saveurs. C’est donc vers une valorisation des produits frais, de terroirs que nous emmène cette vision de l’alimentation sur le pouce. Depuis l’invasion des émissions de cuisine sur les écrans de télévision, les produits du quotidien ont cherché à sortir du lot et certains sont progressivement rentrés dans le registre de l’exception. La quête du produit parfait et l’émergence d’un vocabulaire précis pour parler de beurre ou de viande ont remis la question du goût de nos aliments sur la table.

Photographie : Tania et Vincent pour l'exposition "Beurre Beurre Beurre" à la Milk factory

Photographie : Tania et Vincent pour l’exposition « Beurre Beurre Beurre » à la Milk factory

Cette intransigeance, on la retrouve par exemple au Ten Belles, où officie Thomas Lehoux, initiateur des soirées « Frog Fight », réservées aux fans inconditionnels du café ou chez Coutume et autres coffee-shops branchés de la capitale, dans lesquels la préparation du café relève d’un rituel bien précis et ultra-normé : grains torréfiés sur place, moulus juste avant d’être préparés,  filtrage de l’eau, dosage précis du café, technique précise de latte art ou encore séances de cupping (dégustation de café à la manière d’un cours d’oenologie).

 

Si la street-food n’est pas encore aussi développée à Paris que dans d’autres villes (Bangkok, Dakar, New York par exemple), nous voici donc face à l’émergence de nouvelles véritables stars du produit, de la côte de boeuf au café. En 2013 plus que jamais, baristas et bouchers sont les nouveaux DJs !

 

Yves-Marie le Bourdonnec et Thomas Lehoux, la recherche du produit parfait.

La Street Food est une vraie alternative à la malbouffe, un puissant
moteur d’intégration dans la société.LA STREET FOOD, C’EST L’AVENIR !
Thierry Marx, fondateur de Street Food en mouvement

 

La street food, c’est aussi une solution à un lien social difficile à incarner dans les grandes métropoles anonymes. C’est vrai, quoi de mieux que de se retrouver autour du Camion qui fume entre potes pour faire la queue 1h30 et donc avoir enfin le temps de discuter !

 

Le food-truck américain « Morris Truck » lors de la soirée du Fooding « Pompes à bulles et delicatrucks »

Car parmi les acteurs de la street-food, les food-trucks ont la côte. On ne les a jamais vu en vrai mais le concept est « GE-NI-AL », tout le monde en parle donc on est forcément complètement pour.

A Paris, les plus connus sont Le Camion qui fume, Cantine California, Goody’s, Le réfectoire, et peut être bientôt celui des Tartes kluger, qui recherche actuellement des fonds sur My Major Company.

Les principes de la cuisine de rue selon l’expo « Ma cantine en ville »

Pour le moment,la street-food parisienne n’est pas aussi développée qu’ailleurs. Pourtant, elle bénéficie déjà d’une côte de popularité incroyable. Grâce à qui ? La nouvelle élite mondiale de food-reporters, toujours à l’affût d’un burger à photographier.

#foodporn

 

Icône de cette nouvelle quête urbaine, le burger a même son application dédiée : Burger Quest, qui recense les 10 meilleurs burgers au monde, géolocalisation et photos à l’appui.

Mais au delà de la street-food, ce nouvel engouement pour les artisans de bouche a donné naissance à des spécialistes de la gastronomie revisitant les recettes populaires. Courant après le succès du burger, le hot-dog, le bagel et même le panini sont au coude à coude pour s’imposer lors de votre pause dej.

Peu importe la recette, l’essentiel c’est d’en devenir un spécialiste et de redonner une image sexy à un plat pas toujours excitant.

 

Pressing, le panini qui s’incruste dans les évènements branchés

 

Dans le domaine de la patisserie, c’est un peu différent. On voit encore aujourd’hui naitre des spécialistes de telle ou telle création mais ils sont surement moins médiatisés car plus légitimes. On peut penser à Popelini, le roi du choux à la crème ou encore à l‘Atelier de l’éclair, fraîchement installé rue Bachaumont dans le quartier Montorgueil et qui propose des recettes salées pour le midi.